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"Parce que vous ne pensez pas pareil que nous"


|Au travers d’une réflexion d’Ovide

Publié par La revue2analck sur 28 Juillet 2016, 08:37am

|Au travers d’une réflexion d’Ovide

Crois-moi s'écriait Ovide "vivre ignoré, c'est vivre heureux ; et l'on ne doit pas s'élever au-dessus de sa sphère". Une inspiration qui s'inscrit à  n'en point douter dans la douloureuse période  du poète latin,  qui au sommet de son art, devra supporter les affres et le tourment d'un exil, auquel il se verra contraint par l'empereur Auguste.

 

Il est  difficile dans un premier temps d'admettre et de se rallier à la première partie de la pensée D'OVIDE.  Parce que vivre ignoré peut être pris comme l'acceptation du triste sort, à  nous réservé par  la destinée. C'est comme accepter d'être un rébus de la société, une de ces choses insignifiantes dont elle tolère l'existence. Une de ces choses dont elle se passerait volontiers sans avoir à en pâtir.

 

En réalité quel homme accepterait de se vivre ainsi ? En vérité, pas grand monde,  parce que c'est de notre nature que de se libérer, au prix parfois du pire, des liens d'une vie simpliste et morose ; ou d'un quotidien triste et morne.

 

Le propre de la condition humaine est de vouloir le meilleur pour soi, notre ambition est de viser une place au soleil.

 

Mais une place au soleil se mérite, elle n'est pas une panacée à la portée de n'importe qui  ou du premier venu. En hériter n'est même pas forcément gage de respectabilité, car c'est au prix de l'effort consenti,  du sacrifice enduré et du travail accompli ; sans parler disons-le ; des adversaires évincés voire écrasés, qu'il faut parfois mériter sa place au soleil. Et il n'est pas certain, que Darwin aurait rougi à l'évocation de cette variante atypique et à peine éloignée de la théorie à laquelle  il a donné son nom.

 

Mais voilà; une place au soleil, une fois acquise nous rend presque esclave de notre condition.

 

À défaut de l'élargir et d'en maîtriser tous les contours, nous vivons constamment dans la crainte d'en être évincé.

 

Se faire une place au soleil s'accompagne de cette crainte constante qui fait que nous redoutons de nous faire déposséder de cet acquis.

 

Dès lors il n'est pas rare que nous soyons prêts à tout pour demeurer maître de notre destin.

 

Ce faisant il arrive que nous venions à céder à  nos pires instincts,  ignorant pour le coup la moindre règle morale ou éthique ; pour n'accorder grâce qu'à la sauvegarde de notre condition.

 

Ces instants consacrent le plus souvent,  ce qu'il y a de pire en l'humain.

 

L'intérêt ; l'envie que suscite notre condition sociale cristallise  l'aversion que nourrirait à notre égard la convoitise d'autrui.

 

Ç'en est fini de notre vie paisible, que nous aurions contribué à mettre au-devant de la convoitise d'autrui,  parce que vanité aidant; ou pas ;  nous n'avons pas su nous montrer discret, ni faire le choix de vivre sous l'embrasure protectrice de l'anonymat.

 

L'indifférence ou l'ignorance des autres, pouvant nous être insupportable,  nous nous empressons, de notre propre chef,  de nous porter au-devant de nos propres ennuis. Jamais Ovide n'aurait si bien pensé ; "vivre ignoré c'est  vivre heureux " ; car pour vivre heureux,   il est plus utile, selon l'autre adage, de vivre caché. Ignoré d'autrui,  est gage d'une existence pleine de sérénité et  de tranquillité.

 

Aurait- il un seul instant douté ; lui le poète célèbre et célébré faire les frais de son propre talent ? Et pourtant c'est la flamboyance et l'exquise avec laquelle il exercera son art,  qui lui vaudra sa pire déconvenue.

 

N'ayant pas su comme il l'enseignera, rester dans la sphère que la société d'alors lui consentait, il s'en élèvera par la force de son art,  deviendra alors quelque peu gênant, pour le pouvoir impérial qui en prendra ombrage et décidera de le contraindre à l'exil roumain.

 

S'élever au-delà de sa sphère et briller plus loin que son ère de rayonnement, peut donc fatalement attirer l'attention sur soi, et avec elle toutes sortes de sentiments dont la nature humaine  ne s'honore pas forcément.

 

Mais je ne crois pas que la pensée du maître soit une invite à une vie d'esthète ; ou à une auto annihilation intellectuelle. Pas plus que je n'ose imaginer, qu'elle  soit contraire à  la quête naturelle d'une existence exceptionnelle et hors du commun.

 

Je pense plutôt qu'Ovide invite,  quel que soit la nature de notre existence, à adopter un mode de vie qui ne soit pas de nature à  nous porter préjudice, ni par la manière dont nous aurons à  la mener,  encore moins par les sentiments pas forcément louables, qu'elle pourrait susciter chez autrui.

 

En soi ; c'est un sacré challenge pour la nature humaine, que d'y arriver.

 

 

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