larevue2analck

larevue2analck

"Parce que vous ne pensez pas pareil que nous"


|Alain MABANCKOU et ses amis ont pensé et écrit l'Afrique

Publié par La revue2analck sur 3 Mai 2016, 13:39pm

Catégories : #Les chroniques 2 la revue, #Les mots 2 @LNACK

|Alain MABANCKOU et ses amis ont pensé et écrit  l'Afrique

Abonné au fil actu de Alain MABANCKOU sur Twitter,  il m'a été donné de tomber sur l'organisation de ce colloque sous le thème : ''Penser et écrire l'Afrique aujourd'hui ''.

 

L'ancien lauréat du prix Renaudot devenu depuis  un sociétaire du sélect collège de France, y anime des cours dans la chaire de création artistique.

 

La particularité de son cours d'hier tient au thème qui en aura été le fil rouge tout le long de la journée et autour duquel,  il réunira en plus d'une assistance de forte affluence ; des intellectuels africains, mais également d'autres horizons,  et dont la passion pour l'Afrique n'est plus à discuter.

 

Car vous  l'aurez compris c'est de l'Afrique et de la question noire dont il a été question.

 

Mais pour une fois il n'a pas été question de l'Afrique et de la question noire sous une forme misérabiliste ou réductrice. Et pour en parler il n'a pas fallu aller chercher ailleurs d'autres que parmi les fils même de ce continent.

 

Bien sûr personne dans l'assistance n'aura été insensible à  la brillante prestation de Pascal BLANCHARD lorsque pour définir le paradoxe qui caractérise la France, pays des droits de l'homme ; l'un des rares pays, soutiendra-t-il ; où en 1921 déjà,  on ne se retournait plus d'indignation à la vue d'un couple noir et blanc,  en train de prendre une collation sur une terrasse des bars de l'époque ; mais la France pourtant où inexorablement, les noirs malgré leur nombre non négligeable au sein de la communauté française, demeurent désespérément invisibles.

 

Ce paradoxe disais-je,  c'est du moins l'avis de l'historien, trouve sa source ; entre autres raisons ; dans la méconnaissance ou la dénégation par les français eux-mêmes ; de leur histoire, celle en tout cas, qui depuis des siècles mêle et entremêle leur destin à celui d'une immigration noire.

 

Pour Dominic THOMAS virevoltant, troublant et passionnant,  par sa parfaite maîtrise de la langue de Molière,  ce colloque,  initié par Alain MABANCKOU, son collègue de L'UCLA, ne représente rien de moins qu'un appel à  un véritable avènement en France, des études africaines. Et pour le sémillant conférencier,  dont l'ovation à  la fin de son exposé aura fait trembler les murs de l'amphithéâtre Marguerite de NAVARRE, il ne suffira plus pour y arriver,  simplement de créer des facultés ou des chaires, mais d'opérer un véritable changement des mentalités.

 

Si pour Pape NDIAYE, les diverses représentations de l'Afrique,  pour les afro descendants de France, passent par la création de multiples associations, mais également par la profusion de différentes œuvres visant à incarner et représenter l'histoire de l'Afrique, il ne reste pas moins que sa véritable identité au sein de la société française n'est plus forcément celle dont il voudrait se revendiquer, mais celle que lui renvoie et surtout à laquelle cette société l'assimile.

 

De Dany LAFERRIÈRE je garderai deux choses: d'abord l'heureuse fortune qui le fera se placer à mes côtés dans la foule venue assister au colloque et d'où certainement avant sa propre prestation, il prenait le pouls de l'ambiance.

 

J'en ai profité,  l'ayant reconnu,  pour solliciter de l'illustre académicien, la permission de me faire auto tirer  le portrait à ses côtés, dans cette pratique devenue si courante de nos jours, au point de passer pour un phénomène de mode.

 

Le bien nommé s'exécutera avec simplicité et une rare élégance.

 

Ensuite viendra sa prestation, qui pour moi aura été, à  la fois touchante et poignante.

 

L'ami public d'Alain MABANCKOU, celui avec lequel il se reconnaît une vraie complicité confraternelle, aura fait montre,  avec une grande maestria, de toute sa connaissance de l'histoire politique sociale et littéraire de son Haïti natal, qu'il continue, où qu'il se trouve, de porter dans son cœur.

 

Haïti dont l'académicien va peindre  un vif concentré, à  travers la lutte des classes, et le long chemin de l'émancipation du citoyen haïtien.

 

Mais également à  travers les textes des écrivains haïtiens, dont il fera parfois lecture ; le tout non sans souligner tel un leïtmotiv; la permanente rupture, dans laquelle le pays de Toussaint LOUVERTURE s'est toujours inscrit.

 

Hier dans l'enceinte de l'amphithéâtre Marguerite de NAVARRE du collège de France, Alain MABANCKOU et ses invités ont pensé et écrit l'Afrique. Pour une fois elle n'était plus "perçue comme une entité fourre-tout sur laquelle on pouvait dire tout et n'importe quoi», justement parce qu'en s'y appliquant ils ont tous, ainsi que le reconnaîtra Achille MBEMBE " contribué à  l'avènement d'un monde habitable " d'où s'entrevoit désormais, la perspective de " rouvrir l'accès au jugement du futur ".

 

Croyez-moi,  je ne suis pas peu fier d'en avoir été.

 

 

Cydborg

@cydborg

 

 

 

|Alain MABANCKOU et ses amis ont pensé et écrit  l'Afrique
Commenter cet article

Archives

Articles récents

’’Les opinions émises sur ce blog n’engagent que leurs auteurs, rien que leurs auteurs’’