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"Parce que vous ne pensez pas pareil que nous"


|Soulèvement populaire : Après le Burkina le Togo ?

Publié par La revue2analck sur 22 Novembre 2014, 14:29pm

Catégories : #Les chroniques 2 la revue

|Soulèvement populaire : Après le Burkina le Togo ?

François HOLLANDE lors de la remise vendredi 21/11/2014 au Musée Quai Branly du prix de la Fondation Jacques CHIRAC, n’a pas manqué de lancer un avertissement  qui n’a pas manqué de faire bourdonner bien des oreilles, dans bien de palais présidentiels sur le continent.

 

« …. Et encore ces derniers jours, la population du Burkina Faso a fait une belle démonstration qui doit, à mon avis, faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir au-delà du temps nécessaire à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce qu’a fait la population du Burkina Faso, c’est tout simplement de faire respecter le droit et de permettre que l’on empêche de réviser une Constitution, une loi fondamentale pour une convenance personnelle ».

 

Cette parenthèse dans son discours, orientée vers la politique africaine, est loin d’être innocente.

 

On ne pouvait légitimement à son évocation ; ne pas penser à la situation togolaise qui l’air de rien, commence pourtant à prendre dans un certaine mesure, la même trajectoire que ce qui s’était déroulé au Burkina Faso ; notamment par cette juxtaposition de deux manifestations l’une pour et l’autre contre la révision constitutionnelle, qui tout comme au pays des hommes intègres, demeure le point de discorde.

 

Mais de là à établir une parfaite similitude entre la situation des deux pays et surtout entre la conséquence qui pourrait en découler pour les togolais ; il y a un pont entier ; que les compatriotes de Faure GNASSINGBE, sont loin d’avoir parcouru, et sur lequel la suite des évènements nous éclairera.

 

Pour preuve la manifestation d’hier à Lomé ; du moins celle qui était menée par l’opposition aurait été violemment dispersée ; contrairement à celle du même genre, à Ouagadougou qui durant les hostilités, aurait été jusqu’à son terme.

 

Et il en sera de même pour toutes celles qui suivront, jusqu’au 30 octobre où l’assemblée nationale sera prise d’assaut par la population burkinabè.

 

De même, contrairement à Ouagadougou, ceux qui hier invoquaient ’’Touche pas à ma constitution’’ dans les rues de Lomé ne venaient pas de l’opposition, mais de la majorité présidentielle.

De Ouaga à Lomé donc même si elles se ressemblent, les manifestations ne portent pas sur les mêmes revendications.

 

Mais s’il est une chose qui dans l’esprit rassemble tous les togolais et tous les burkinabè et assurément toutes les populations de ces pays africains (Burundi, RDCongo, Zimbabwé, Rwanda, Bénin et tous les autres…) qui sont ou qui seront ; à court ou moyen terme ; confrontées à la même situation; c’est indubitablement cette exaspération liée à l’indécrottable tendance de leurs dirigeants à vouloir éternellement demeurer au pouvoir.

 

Bien au-delà du Togo, c’est donc bien à tous ces états africains qui sont concernés par la situation, que s’adresse l’avertissement lancé pas le président français depuis le musée du Quai Branly.

 

Et le prendre à la légère, l’ignorer ou le considérer comme une énième incursion de la France dans les affaires africaines n’y changera rien ; surtout si après coup, il faudra toute honte bue ; solliciter la même France, pour se faire exfiltrer d’un pays en ébullition.

 

Ce qui choque dans l’exemple togolais, c’est que depuis l’indépendance il n’y a eu que les GNASSINGBE pour diriger le TOGO, le père Etienne Eyadema durant 37ans, et le fils Faure depuis sa mort en 2005.

 

En tout, cela fera bientôt 50 ans que le sort du peuple togolais se sera lié à celui de la famille GNASSINGBE.

 

On peut toujours invoquer les élections douteuses survenues pour donner un aspect légitime à tout cela ; mais il reste imperceptiblement quelque chose qui s’apparente plus à une monarchie, qu’à une véritable démocratie.

 

Un sentiment qui se trouve renforcé quand on sait que l’Accord de Politique Global, qui prévoyait une limitation du mandat présidentiel, aurait été écarté de son vivant, par GNASSINGBE père.    

   

Si pour les partisans du pouvoir, le fait qu’une précédente tentative de la modification constitutionnelle, portant sur la limitation du mandat présidentiel ; ait été rejetée à l’assemblée, n’autoriserait plus l’opposition à ramener la question  sur le tapis ; il ne reste pas moins que cette légitimité dont la majorité présidentielle togolaise s’argue ; porte en elle le germe d’une contrariété à l’égard du principe même de la démocratie ; qui s’oppose ; de par l’alternance démocratique qui la sous-tend ; à toute perpétuation éternelle d’un dirigeant quel qu’il soit au pouvoir.  

 

Les constitutionnalistes et experts pourront toujours apprécier, mais il y certainement quelque chose d’indécent dans l’exemple togolais, qui ne reste pas sans susciter une certaine répulsion. Et que les togolais s’en indignent est tout aussi légitime que le bon droit dont se targue le pouvoir de Faure GNASSINGBE.

 

 

Al Tricky!

 

 

 

 

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