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|BURKINA : Acculé par la rue, COMPAORE s’accroche

Publié par La revue2analck sur 30 Octobre 2014, 06:24am

Catégories : #Les chroniques 2 la revue

|BURKINA : Acculé par la rue, COMPAORE s’accroche

Il ne fait aucun doute maintenant que ce qui se passe au pays des hommes intègres ne manquera pas, quelque en soit l’issue, de stigmatiser une fois de plus, l’art de gouverner à l’africaine.

 

La manifestation des intentions louables _ quant à leur attachement aux valeurs démocratiques _ dont pourraient se vanter nos dirigeants, durant leur mandat présidentiel ; finit toujours, pour la plupart d’entre eux, par s’écraser contre l’écueil de leur vanité et de leur addiction, aux attraits mirifiques du pouvoir.

 

Tous les signes alarmants d’une décrépitude manifeste de la situation sont réunis, bien au-delà même des conditions nécessaires pour son embrasement.

 

Et pourtant Blaise COMPAORE continue de jouer avec le sort de son peuple, soutenu par quelques valets qui ne supportent plus de devoir retourner à leur triste quotidien.

 

Expert dans l’art de l’esquive, le premier des burkinabè semble avoir privilégié la voie parlementaire pour atteindre son vil objectif, alors que tout le monde l’attendait sur le referendum ; espérant peut-être échapper à la consultation référendaire, qui de toute évidence semble lui inspirer quelque réserve, en dépit des obséquiosités hideuses des courtisans du pouvoir, qui lui en avaient certainement assuré la faveur.

 

Mais la possibilité même infirme, d’y revenir demeure ; puisqu’à défaut de la majorité qualifiée des ¾ des membres de l’assemblée nationale ; il devra y recourir.

 

Mais passons toutes ces déclinaisons constitutionnelles de l’immonde aventure qu’il voudrait imposer à son pays et à son peuple ; car en définitive ce qui est en cause aujourd’hui au Burkina ça n’est pas tant ce qui arrivera jeudi prochain à l’analyse du projet de loi querellé.

 

Ce qui est en cause aujourd’hui au pays des hommes intègres, c’est la négation même du principe de l’alternance démocratique au pouvoir ; au moyen d’artifices ’’légaux’’, dont le tombeur de SANKARA a su profiter, au grand dam de son peuple et avec _ reconnaissons-le _ la coupable indifférence d’une certaine opinion internationale ; qui se satisfaisait bien du leadership sous régional de Blaise COMPAORE, au point de lui tolérer ces incartades à la virginité du linceul démocratique, dont il se plaisait à se parer.

 

Au final, le peuple burkinabè, 27 ans durant ; toute une génération ; à dû se ’’farçir ’’ le même dirigeant, qui à force ; et on pourrait dans une certaine démesure le comprendre ; à finit par penser que son destin, était indéfiniment lié à celui de son peuple, indifféremment à la volonté de ce peuple, à le lui concéder.

 

Et il est là le paramètre que du haut de toute sa puissance, l’univers COMPAORE n’arrive plus à assimiler et qui pourrait lui être fatal. C’est qu’en démocratie le dirigeant ne tient sa légitimité que de la volonté du peuple.  

 

Or à en croire la houle de contestations qui s’élève de ce peuple, qui n’arrête plus de s’exprimer dans les rues des villes de tout le pays ; il n’en est plus rien.

 

Comment pourrait-il encore le faire comprendre autrement, sans avoir à en payer le prix ?

 

Les rues d’Ouagadougou, noires de burkinabè scandant ’’COMPAORE dégage’’ ou ’’Blaise 27ans ça suffit’’ n’évoquerait –il plus la moindre connotation dans l’entendement du pouvoir ?

 

Et que dire des nouvelles revendications syndicales, qui aux dires du site de Rfi sont venues s’agréger aux contestations contre le projet de loi qui doit passer au vote jeudi ? Pour ma part elles ne font que mettre à jour, la profonde fracture entre le pouvoir et le peuple burkinabè.

 

La statue présidentielle déboulonnée à Bobo-Dioulasso par la foule, serrait-elle insignifiante aux yeux du pouvoir burkinabè ?

 

Aux miens pourtant, cette image symbolique, évoque la fin de règne de bien de dictateurs de par le monde ; qui se sont tellement attachés  à l’idée qu’ils survivront au séisme, qu’il a finit fatalement par les emporter.

 

Pour l’instant les deux camps, semble-t-il, essaient d’éviter le pire.

 

Le pouvoir en continuant d’autoriser des manifestations qu’il redoute, tout en se gardant de les réprimer dans le sang ; afin de sauvegarder les vestiges d’une image démocratique, qui aura vite fait de tomber ; le cas échéant ; face aux critiques de l’opinion internationale.

 

Jamais de l’avis d’observateurs de la vie politique burkinabè, la liberté d’expression, au regard de la liberté de ton des articles de la presse nationale sur la situation, n’aura été aussi débridée ; alors même qu’on aurait pu appréhender le contraire.

 

C’est dire la maestria de l’exercice de funambule à laquelle s’adonne le locataire du palais de Kossyam.

 

Pour le moment, cette ’’réserve’’ savamment calculée du pouvoir, et qui en rien ne laisse entrevoir, ce dont il pourrait être capable, dans le pire des cas ; a presque le mérite de contraindre l’opposition, à éviter tout débordement irréparable, qui pourrait se révéler néfaste à sa cause et qui jusqu’ici semble avoir été évité, à part peut-être quelques échauffourées mineures.

 

Sauf que telle quelle, la situation reste à l’avantage du pouvoir.

 

Il revient donc à l’opposition burkinabè de trouver le moyen et les ressources pour  ne pas se laisser piéger par la sempiternelle crainte du pire, sur laquelle le pouvoir souvent capitalise, pour l’escroquer et se jouer de lui.

 

Et à entendre les propos de Zéphirin DIABRE, chef de file de l’opposition ; lors de la manifestation de mardi, on pourrait penser, qu’il aura compris, tout l’enjeu de la situation.  

 

Mais en dépit de tout ce qui précède, et bien que cela pourrait paraître cruel de le reconnaître, ça ne serait pas un abus de langage que d'affirmer que le pouvoir de Blaise COMPAORE est loin d'avoir déposé les armes; tant l'insubmersible président du FASO, à su par le passé; renaître des cendres des crises, dans lesquelles on a pu trop tôt et à tort; voulu le voir consumer.

 

L’objectivité à laquelle se doit de s’astreindre une saine observation de la situation, impose d’admettre cette réalité ; aussi dure soit-elle. 

 

 

Pnerval !

 

 

 

 

 

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cydborg 30/10/2014 15:55

BELLE ANALYSE D'ENSEMBLE, QUI PÊCHE CPDT PAR SA CHUTE. AUX DERNIÈRES NEWS LES MANIFESTANTS AURAIENT PRIS D'ASSAUT L'ASSEMBLÉE NATIONALE, AURAIENT INCENDIE L'ENCEINTE ET FORCER LE POUVOIR A EXFILTRER LES DÉPUTÉS. MÊME S'IL FAUT DEPLORER UNE MORT, ON PEUT DIRE QUE L'OPPOSITION A REPRIS LA MAIN, OBLIGEANT LE GOUVERNEMENT A ANNULE LE VOTE DU PROJET QUERELLE. PAS MAL COMME INITIATIVE.

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