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"Parce que vous ne pensez pas pareil que nous"


|OBAMA ET LE SPECTRE DE LA MENACE RACISTE

Publié par La revue2analck sur 19 Août 2014, 11:52am

Catégories : #Les chroniques 2 la revue

|OBAMA ET LE SPECTRE DE LA MENACE RACISTE

Il serait facile et cela l’a été pour bon nombre d’afro américains, de penser qu’avec l’élection d’Obama comme premier président afro américain, à occuper la maison blanche ; que cela porterait un coup à la manifestation du racisme dans la société américaine.

 

Dans l’opinion afro-américaine surtout, cette élection avait suscité une telle espérance sur ce fléau qui hante tant la société américaine, que la crainte de décevoir cette frange de son électorat avait poussé le POTUS, au seuil de son premier mandat, à préciser dans une interview, accordée au Rolling Stone Magazine ’’Je n’ai jamais adhéré à l’idée selon laquelle, avec mon élection, nous entrions d’une certaine manière dans une époque post-raciale’’.

 

Après cela, on pouvait commencer par regretter cette image si touchante prise dans la foule du Grant Park au soir du 4 novembre 2008, du révérend Jesse JACKSON en larme devant OBAMA incarnant à ce moment là ; d’une certaine manière, l’aboutissement d’un combat pour les droits civiques des noirs, pour lequel, tant de larmes et tant de sang ont coulé.

 

Mais il va falloir  en revenir, et je crois qu’à bien y réfléchir bien d’américains en sont déjà revenus.

 

Depuis ce jour où OBAMA lui-même avait dû se reprendre et se confondre en excuse, après avoir  très tôt et sans avoir une totale connaissance du dossier, traité de « stupide » l’arrestation d’un de ses proches sur la base d’un supposé motif raciste.

 

C’est de là à mon avis que vient cette prudence du chef de l’exécutif américain sur ces questions sensibles. Prudence dont Jérôme CARTILLIER de l’AFP dans un excellent article fait la démonstration au regard des différentes affaires du genre, qui essaiment les mandats du 44ème président américain.   

 

Mais l’autre paramètre que met en valeur cet article, c’est surtout le caractère presque sacré et peut-être même, un peu plus à cause de ses origines noires ; de la parole et des actes d’un OBAMA dont on guette certainement l’impartialité sur ces questions là ; sur lesquelles la moindre erreur de sa part, pourrait le décrédibiliser en tant que président de tous les américains.

 

La soupape de soulagement dans cet engrenage reste pour OBAMA, la manifestation de la justice, qui elle aussi malheureusement en dépit de ‘’la vérité‘’ qui se véhicule dans l’opinion, ne penche pas toujours du côté des victimes. Et l’affaire Trayvon MARTIN en fut une illustration assez éloquente ; lorsqu’au bout de son procès ; le vigile meurtrier blanc du jeune Trayvon, se verra acquitté en invoquant la légitime défense, face un jeune homme sans armes qui se baladait dans un quartier résidentiel en Floride.

 

La tâche reconnaissons-le  est ardue, pour un président qui se doit de respecter le sacrosaint principe de la séparation des pouvoirs, tout en se devant de manifester aussi bien aux parents de Trayvon qu’à la communauté noire américaine toute entière, un geste censé leur apporter une certaine forme de soutien.

 

L’appartenance à cette communauté noire et l’obligation morale à laquelle il se sentait peut-être tenu à son endroit, auront semble t-il été déterminants, lorsqu’il affirmera : ‘’Il y a trente cinq ans, j’aurais pu être Trayvon Martin’’.

 

Aujourd’hui avec l’affaire Michael Brown, un autre jeune noir qui succombera sous les balles d’un autre policier blanc ; le président américain se retrouve une fois de plus dans les méandres de la sulfureuse question raciale, qui s’entête au gré des faits divers à se poser à lui et à son administration.

 

Aujourd’hui pourtant, le contexte est tout autre même si la problématique demeure immuable. OBAMA n’a plus de véritables enjeux politiques, à part ceux de laisser à son départ une Amérique apparemment moins guerroyer, qu’elle ne l’était à son arrivée. Il n’y a plus la méfiance et la retenue que la volonté d’exercer un second mandat lui imposait.

 

Aussi se doit-il, maintenant plus que jamais, de faire quelque chose du point de vue de cette récurrente question  raciale, qui puisse marquer la postérité.

 

Il le doit pour l’ensemble des luttes menées et qui ont abouti à le mener à cette position, mais également pour toutes les populations noires de Ferguson dans le Missouri, qui n’arrêtent pas de gronder. Il le doit enfin, pour ne pas entrer dans la mémoire de la communauté noire américaine, comme celui qui aura simplement oublié; à force de chercher à n’être que le président de tous les américains, d’être celui des noirs.

 

 Al Tricky !

 

 

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