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|Bénin : il va falloir briser l’infernale ritournelle

Publié par La revue2analck sur 2 Juin 2014, 13:01pm

Catégories : #Les chroniques 2 la revue

|Bénin : il va falloir briser l’infernale ritournelle

S’il est une chose dont je ne saurais revenir pour ce qui concerne la mentalité béninoise ; c’est bien la complexité de sa nature ; qui dépasse à bien des encablures, celle du commun des mortels. Sauf que cette particularité n’excelle que dans un seul sens : le sien et exclusivement le sien.

 

Et dans cette optique il n’a de cesse à redoubler d’efforts et d’arguments. Il est capable pour les raisons de la cause qu’il soutient de faire montre de la plus insoupçonnable des ingéniosités.

 

Rien de bien spécifique aux béninois me diriez-vous; ce mode de fonctionnement ne fait que procéder du genre humain en général.

 

Seulement qu’à bien y regarder de près, on finit par détecter les éléments qui font de la nature béninoise et surtout des ’’béninoiseries’’ une spécificité à nulle autre pareille.

 

Tenez par exemple comment expliquer que dans un pays où pullulent une pléthore de partis politiques ; ’’notre ingéniosité’’ n’ait rien trouvé de mieux que d’aller chercher dans son exil professionnel au Togo ; un candidat qui par ailleurs n’avait rien demandé à personne, qui se satisfaisait de son sort, ou du moins ne s’en plaignait pas ; et qu’on a boosté comme une pile électrique ; soutenu à coups de millions voire de milliards de FCFA, pour en faire un président.

 

La seule et véritable motivation qui pourrait expliquer une telle manœuvre qui relève plus du cynisme que de l’art politique ; c’est la conviction qu’avait ceux qui en étaient à l’origine, qu’une fois leur pantin élu, ils pourraient en faire ce qu’ils voulaient.

 

Seulement voilà, le pantin s’est pris au jeu, il a trouvé le jeu amusant et a décidé d’en tirer parti. Sauf qu’il n’était pas prévu qu’il ait son mot à dire.

 

Aujourd’hui tous ceux qui de près ou de loin, aussi bien de la majorité que de l’opposition, et qui d’une manière ou de l’autre ont cautionné ce bricolage politique qu’ils ont su vendre au béninois comme leur seule chance de survie ; sont évidemment d’une certaine façon responsable du résultat catastrophique et éparse qui en résulte.

 

Et pourtant je ne suis pas certain que ’’la bonne pensance’’ béninoise en tirera quelque enseignement. Je suis prêt à parier   que son savant génie dont il n’a de cesse de se targuer ; le conduirait demain à refaire les mêmes erreurs.

 

Pourquoi donc ? Comment se peut-il ?

 

Tout simplement parce que sous l’artifice du fallacieux argument de chercher à travailler pour le bien être du peuple béninois, certains oligarques que les moyens financiers et la position sociale privilégient ; n’ont qu’une intention : opérer une captation du pouvoir, avec l’aide ou l’assentiment presque contraint, de celui qu’ils auront contribué à hisser au palais de la marina, pour se refaire des pertes subies, à l’occasion d’une précédente  opération du genre, ou alors pour s’enrichir plus qu’il n’en faut afin de se maintenir à un rang social qui les éloigne tant des populations au nom desquelles, ils prétendent pourtant agir.

 

Je ne parle pas des travers d’un système anciennement pratiqué qui a conduit le Bénin à des extrémités qu’il ne m’est pas loisible ici d’explorer ; mais bien du libéralisme qui ne devrait plus signifier profit exclusif pour les uns, au détriment de la majorité.

 

Je veux parler d’un libéralisme adapté au pays dans lequel il s’exerce. Un libéralisme qui puisse consentir à intégrer la notion d’un partage des profits réalisés, afin de réduire la différence qui séparent les classes sociales.

 

C’est le seul moyen d’éviter que leur aversion pour une classe de privilégiés qui se sucrent sur leur dos ; qui plus est, en leur nom ; ne se transforme un jour prochain en une révolution.

 

Ce qui le cas échéant serait un échec, car des révolutions, le peuple béninois en a déjà connu et je ne crois pas qu’il soit disposé à vouloir s’engager une fois de plus _ certainement la fois de trop _ sur cette voie.

 

Il n’est pas sain pour un pays quel qu’il soit, pour sa stabilité sociale et politique, que toute son économie soit tributaire du bon vouloir de quelques uns.

 

Et pourtant ça n’est pas demain que le Bénin pourra échapper à ce schéma qui s’est de fait imposé dans le jeu politique national depuis que le président élu ; a dû puiser non pas dans ses propres ressources, ou mieux dans ceux de son parti ; mais exclusivement dans ceux d’un soi disant mécène, pour financer la campagne qui l’aura porté au saint graal républicain.

 

Pour la suite les béninois mieux que quiconque savent comment cela finit toujours par se terminer. Le mécène qui n’avait rien d’un saint, va chercher à rentrer dans ses frais, rien de plus normal ; sauf que les implications qu’un tel retour sur investissement, s’élèveront pour la nation, d’un certain coût dont il ne sera pas toujours aisé de s’acquitter.

 

Il s’en suivra  alors des complications du genre qui ont pu amener les acquéreurs d’une société d’état, à se l’offrir avec les fonds de cette  même société d’état, sans que personne _ à une exception près _ au cœur du pouvoir à l’époque ; n’ait eu à rougir de cette farce à grande échelle.

 

Il est vrai que le problème ne se résoudra pas d’un coup de baguette magique ; et qu’il va falloir sérieusement réformer le mode de financement des partis ainsi que leur fonctionnement, afin qu’ils puissent se doter des ressources nécessaires pour faire face aux dépenses de campagne des candidats, qu’ils auraient décidé de soutenir.

 

Mais la tâche d’avance s’avère d’une rare âpreté, surtout dans le cadre béninois, où il existe autant de partis politiques que de quartiers de villes.

 

Il sera capital de revenir à l’essentiel en matière d’élections présidentielles, de remettre les fondamentaux de base au goût du jour ; pour que les financements des campagnes ne relèvent que des fonds des partis politiques ; ou alors s’ils devaient provenir d’autres sources, que cela puisse se faire dans un cadre précis, si possible légal et surtout dans une transparence telle, que les implications qui pourraient en découler soient d’avance connues de tous.

 

Même ainsi il n’est pas certain qu’on soit à l’abri d’une déconvenue ; mais au moins ses conséquences seraient bien loin des drames auxquels tout le pays béninois passif et cois ; se voit contraint d’assister.

 

K-Lyha ! 

 

 

 

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