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|Les chefs d’états africains et le syndrome du mandat supplémentaire

Publié par La revue2analck sur 12 Mai 2014, 16:31pm

Catégories : #Les chroniques 2 la revue, #Les mots 2 @LNACK

|Les chefs d’états africains et le syndrome du mandat supplémentaire

C’est définitivement acquis ; la plupart des dirigeants africains n’arrivent plus à braver cette tentation pourtant résistible ; qui par la loi fondamentale de leurs pays, leur interdit de briguer le mandat de trop.

 

Ils sont pour l’instant et d’ici à 2017 une bonne dizaine à devoir prouver, s’ils seront à même de renoncer à toute forme de tripatouillage de la constitution, pour quitter le pouvoir, à la fin de leur dernier mandat constitutionnel.

 

Pour l’instant en tout cas et au regard de la tournure que prennent les évènements dans certains de ces pays, il paraît évident, que la volonté de s’agripper au pouvoir reste la tendance chez la plupart d’entre eux.

 

 

La néfaste influence de l’entourage

Il est vrai que l’intention n’est jamais énoncée à haute et intelligible voix ; elle n’est pas non plus ; sinon rarement ; directement le fait du postulant lui-même.

 

En effet cela risquerait de faire un peu trop désordre dans une démarche savamment mûrie ou qu'on voudra faire passer comme provenant d'ailleurs que du coeur même du pouvoir.

 

Ce sont le plus souvent les courtisans, les spins doctors du pouvoir ; ou ses conseillers spéciaux, qui ne sont justement spéciaux que par leur incapacité à oser dire la vérité aux dirigeants qu’ils sont censés conseiller. Trop occupés qu’ils sont le plus souvent à sauvegarder les privilèges qu’ils tiennent de par leur position, ou trop craintifs parfois, de l’imprévisible dommage que par leur sincérité, ils pourraient subir.

 

Et c’est rien de le dire car en l’espèce ; et pour avoir fait montre de trop de franchise ; certains, bien plus que d’être congédiés, ont tout simplement été liquidé.

 

La fonction de conseiller spécial ou de conseiller politique en Afrique, est loin en effet d’être une fonction sans risques.

 

On pourrait alors, sans toutefois y adhérer, comprendre pourquoi parfois, ils ne ménagent aucun effort, pour faire perdurer au pouvoir ces présidents qui souvent n'attendent que ça; même si parfois c’est à leur corps défendant qu'ils devront se voir ’’contraints’’ de rempiler pour une fonction ; pour laquelle au vu de leur état de santé, ils ne sont plus vraiment qualifiés.

 

Il n’est pas exclut donc, que nombre d’entre ces conseillers spéciaux ; pour se sauver ou se prémunir d’éventuelles déconvenues ; n’hésiteront pas à se lancer dans la campagne de trop, qui vise à maintenir ; par devers le peuple et la constitution ; leur illustre client au pouvoir.

 

Les épouses des présidents aussi, comme on a pu le constater parfois, ne sont pas toujours étrangères, loin s’en faut, de cette dérive dont le prix à payer, peut se révéler d’une exorbitance à nulle autre pareille.

 

Certains présidents arrivent à s’imposer ou à se démarquer

Mais il demeure, au-delà de toutes ces considérations et de toutes ces manœuvres avouées ou non, que le dernier mot ; celui qui compte ; celui le plus décisif ; doit rester à l’initiative du dirigeant qui par son comportement et son positionnement face à la question  de son maintien au pouvoir; doit inciter ou mettre un terme aux diverses velléités de ses partisans.

 

Il arrive que le chef d'état africain sache prendre cette décision responsable de stopper avant la survenance du pire ; les tentations de conseillers zélés, qui ont chercheront malgré sa défaite électorale ; à le maintenir au pouvoir; par des manoeuvres douteuses et inconstitutionnelles.

 

L’histoire raconte qu’en mars 2000, Abdou DIOUF sentant certains de ses conseillers qui cherchaient à l’entraîner vers cette dérive constitutionnelle, avait su leur couper l’herbe sous les pieds, en appelant directement son éternel ennemi politique WADE, pour le féliciter ; reconnaissant pour le coup sa défaite.   

 

Cet exemple sénégalais n'atteste cependant que d'une tentative à postériori; visant à pervertir la réalité des urnes.

 

Le plus souvent, cela procède de manière beaucoup plus insidieuse dans les chancelleries africaines, pour essayer de conserver le pouvoir au-delà du terme légal.

 

Ces cerveaux pensants du pouvoir régnant, anticipent bien souvent la réaction des  populations, en tripatouillant d’avance les constitutions, pour ouvrir ’’légalement’’ droit à leur candidat ; à demeurer plus qu’il n’aurait fallu, au pouvoir.

 

A moins qu’ils n’aient en face de fortes personnalités de la trempe de MANDELA, qui s’en tiendra malgré toutes les sollicitations dont il fera l’objet de la part des membres de l'ANC; au seul et unique mandat qu’il s’était promis de faire, une fois élu.

 

 

Entre tripatouillage constitutionnel et ingéniosité juridique ?

Au Burundi, Pierre NKURUNZIZA, qui est au pouvoir depuis 2005, ne cache plus ses intentions à briguer un troisième mandat en 2015, contrairement à l’article 96 de la constitution burundaise qui stipule :

’’ Le président de la république est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois ’’  

Ses partisans et lui, pour contrer les détracteurs qui s’opposent à leur prétention ; brandissent l’argument juridique selon lequel le premier mandat ne saurait être pris en compte.

 

En 2005 en effet ; plutôt que d’être élu au suffrage universel direct ainsi que le recommande l’article 96, il l’aura été à la majorité des deux tiers des deux chambres du parlement réuni en congrès.  

 

La modification survenue au niveau du mode de scrutin semble servir de fondement à la position défendue par le président burundais et ses partisans.

 

Alors même que la particularité de la situation politique du Burundi en 2005, aurait dû à elle seule suffire, pour éviter de laisser planer sur le pays le risque d’un nouvel tourment politique.  

 

En RDC, l’artifice juridique trouvera preneur, en la personne de Joseph KABILA.

 

Pendant que le porte parole du gouvernement congolais Lambert MENDE affirmait le 09 mars 2014 sur les ondes de RFI et de TV5 que Joseph KABILA respectera la constitution et s’en ira en 2016 ; il était certainement loin de se douter que deux semaines plus tard, depuis sa ferme privée de Kingakati ; le président congolais allait ourdir avec quelques cadres de son parti ; un nouveau plan pour contourner les exigences de l’article 70, qui n’autorise qu’un seul renouvellement du mandat présidentiel fixé pour une durée de 5ans.

 

L’exemple du porte parole du gouvernement pris à contre pieds de ses propos, par le comportement de celui au nom duquel il est censé porter la parole n’est pas une exclusivité congolaise. Il fait d’ailleurs parti intégralement de la manœuvre de diversion organisée à l’intention des populations et de l’opinion pour donner le temps au pouvoir de mettre la touche finale à sa véritable intention.

 

Au Bénin ; le président pourrait encourir une sanction pour parjure devant Dieu et devant les hommes, s’il venait à briguer comme tous ses actes le laissent présager ; un troisième mandat, alors même qu’il aurait juré à la face du monde y compris devant OBAMA ou HOLLANDE et pis encore devant l’ancien pape Benoit XVI  ; qu’il ne se représenterait pas en mars 2016.

 

Désengagé d'une certaine manière vis-à-vis de l’ancien pape aujourd’hui en retraite, il ne reste pas moins à définir le sens et la valeur morale à accorder  à la parole donnée.

Exclusion faite bien entendu des mordus du principe de la continuité de l'Etat; qui pourraient estimer que la promesse faite  par le refondateur , ne saurait s'arrêter à la personne exclusive de l'ancien souverain pontife; mais devrait s'étendre également à la personne de François 1er  , puisqu'en succédant à Benoit XVI; ce dernier ne ferait que perpétuer la continuité de l'Etat du Vatican. 

 

Mais bien au delà de mes divagations pseudo juridiques; il y a longtemps, qu’en politique on ne se soucie plus de ces implications chevaleresques d’un autre temps.  

 

Au Burkina Faso, tel un sphinx Blaise COMPAORE s’est toujours gardé de se prononcer sur la question, préférant esquiver autant que faire se peut le sujet, lorsqu’il était abordé.

 

Et pourtant ses alliés au sein de l’opinion et à l’assemblée, n’ont de cesse de travailler à modifier l’article 37 de la constitution du Burkina ; qui pourra avec la création d’une chambre sénatoriale, lui permettre de prétendre comptabiliser plus de 27années d’un règne sans partage, sur le pays des hommes intègres.

 

Aux dernières nouvelles, il compte bien arriver à imposer la machination par voie référendaire, au grand dam d'une opposition qui devra faire montre de tout son potentiel, si elle veut s'y opposer

 

En définitive

Ce qui laisse à désirer dans toutes ses manœuvres, ce ne sont pas tant la nécessité d’une modification constitutionnelle, que la volonté des dirigeants africains à perdurer au pouvoir.

 

La seule motivation pour ces dirigeants demeure l’assouvissement d’une ambition personnelle nourrie par la volonté entrainante d’un entourage qui ne se sent plus capable de se passer des privilèges mirifiques du pouvoir ; mais également par la crainte du sort incertain, qui pourrait être le leur, une fois les privilèges de la fonction présidentielle perdus. Tant parfois les exactions perpétrées durant leur toute puissance, ont vite fait de les rattraper, une fois qu’ils ont retrouvé une condition de citoyen commun.

 

Le plus souvent, quand ça n’est pas devant les tribunaux nationaux ; c’est alors devant la Cour Pénale Internationale, qu’ils doivent répondre des accusations dont ils font l’objet.

 

Mais même là encore, il n'est pas rare que  l'inventivité de ces chers conseillers fassent son effet, par l'entremise d'une loi d'armistice, prestement prise par décret; ou qui sera votée au parlement, à grand coups de compensations diverses; histoire d'assurer à défaut d'un fauteuil présidentiel permanent; une immunité juridique à leur client.

 

 

@LNACK;K-Lyha;Pnerval et Al Tricky

 

 

 

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