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"Parce que vous ne pensez pas pareil que nous"


|Sur l’échec des mots d’ordre de grève !

Publié par La revue2analck sur 14 Décembre 2012, 14:25pm

Catégories : #Les chroniques 2 la revue

Même si j’en reconnais l’importance dans le système de l’équilibre des forces dans une démocratie ; je dois également admettre que je n’en suis pas  fanatique non plus.

 

L’importance du syndicalisme est capitale pour la survie du système, mais à condition qu’il ne se limite pas à multiplier sans interruption les mouvements de grèves.

 

Nous avons certainement des dirigeants syndicalistes de grande qualité et d’un charisme certain, pour savoir que le dialogue et la négociation sont aussi utiles et productifs que n’importe quel mot d’ordre de grève.

 

Seulement que pour donner des résultats efficaces la négociation, tout comme le dialogue, demandent autant d’effort sinon même plus qu’il n’en faut, pour lancer les APE dans les rues.

 

L’effort de savoir quand, il sera utile de concéder une part, pour espérer gagner l’ensemble.

 

L’effort de se respecter entre négociateurs.

 

L’effort de la sincérité, qui consiste à ne pas ruser ou user de stratagème, dans le seul but de tirer ses marrons du feu, sans se préoccuper des intérêts de l’autre. Le cas échéant, cela aboutit inévitablement à un mauvais accord.

 

Il est trop aisé de se lancer en grève sur la simple motivation des salariés sur la base de leurs intérêts. Il est tout aussi valorisant, pour le mouvement syndicaliste, que d’arriver au bout d’incalculables heures de négociation, à arracher du pouvoir ; la reconnaissance d’un droit; sans avoir forcément à passer par la menace de grève, ou bien même le débrayage.

 

C’est à mon avis l’émulation à laquelle le mouvement syndicaliste doit tendre, plutôt que de procéder par l’inverse, c’est-à-dire ; faire planer la menace d’une grève pour espérer faire flancher le pouvoir.

 

Et j’en ai autant à l’endroit de ce dernier ; car je ne partage pas non plus, l’idée d’un pouvoir brandissant la suspension ou la suppression des primes, ou d’une partie des acquis salariaux, avant même de chercher à connaitre ; le bien fondé des revendications des salariés.

 

Tout cela, si tant est qu’il devrait finir par s’appliquer, devrait passer par une plate forme de dialogue, ou chacun en toute responsabilité et dans le respect de son alter égo ; devra en discuter, point par point ; argument contre argument.

 

J’ai malheureusement l’impression qu’au Bénin, d’un côté comme de l’autre, on passe rapidement et facilement au niveau culminant d’un conflit, sans prendre la peine de transiter par les étapes intermédiaires.

 

Ce qui dénote d’un côté comme de l’autre, une certaine propension à la radicalité ; qui elle-même ne fait que transcrire en réalité, la défiance totale qui s’est installée entre deux structures _ le pouvoir et les syndicats _ pourtant condamnés à s’entendre.

 

A la fin ceux au nom desquels l’un et l’autre croient se démener ; finissent par se lasser, non pas par défaut de conviction ou de quête de leur droit ou liberté ; mais parce qu’en escamotant les graduations de l’échelle des menaces ; et en omettant le plus souvent la phase du dialogue ; la crainte que devrait inspirer la simple idée d’aller en grève, n’a plus l’effet escompté.

 

Du coup les multiples mouvements de grève, restant toujours sans effet, il est normal que les travailleurs à force, commencent par s’enquérir de leur utilité.

 

Et il semble que c’est à cette étape, que se situerait aujourd’hui,  le mouvement syndicaliste béninois, avec peut-être d’autres paramètres endogènes que je ne maîtrise pas, et inéluctablement la mauvaise foi du pouvoir qui a certainement misé sur  cette érosion  manifeste des motivations.    


Il appartient désormais aux dirigeants syndicalistes de trouver les moyens nécessaires de renouveler l’ardeur de leurs syndiqués.

 

Al trickyAl Tricky ! 

 

 

 

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